Savoir prendre soin des autres

[name]
Vol. XLIV No. 1 2007

Le souci des autres, comme notre couverture l'illustre de manière dramatique, est très personnelle, mais c'est une qualité de sa nature. Les individus, par instinct, ont la capacité à prendre soin des autres. Les institutions doivent apprendre comment le faire et le mieux possible.

Lors de la soixantième et unième session de l'Assemblée générale, la Troisième Commission a placé en tête de son agenda les droits des femmes, des enfants et des migrants ainsi que l'évaluation des travaux du Conseil des droits de l'homme. Un projet de résolution sur le droit au développement a été approuvé, un objectif majeur de ce Conseil nouvellement établi.

La Quatrième Commission traite les questions de politiques spéciales qui ne sont pas abordées par la Première Commission ainsi que les questions de décolonisation. Tout en affirmant les résolutions sur la liberté et l'autodétermination des États, l'adoption du texte intitulé « Mise en œuvre de la Déclaration sur l'octroi de l'indépendance aux pays et aux peuples coloniaux par les institutions spécialisées et les organismes internationaux associés aux Nations Unies » a ajouté un nouveau point.

Pour la première fois dans leur histoire, les Nations Unies acceptent le monde des affaires et la société civile comme partenaires cruciaux pour promouvoir leurs objectifs de paix internationale et de développement. Dans le monde globalisé et interdépendant d'aujourd'hui, le milieu des affaires et les Nations Unies partagent des objectifs communs.

Lors de la soixante et unième Assemblée générale, la Cinquième Commission s'est assurée du bon fonctionnement des Nations Unies pour l'exercice biennal 2007-2009 et du financement de leurs activités en déterminant la contribution de chaque État Membre au budget ordinaire et à celui du maintien de la paix.

La Présidente de l'Assemblée générale, Sheikha Haya Rashed Al Khalifa, a ouvert la soixantième et unième session en disant aux États Membres qu'« en travaillant en partenariat et en surmontant la défiance, nous pouvons réaliser de plus grands progrès », notant que l'adoption de la résolution tant attendue sur le renforcement du Conseil économique et social de l'ONU était un bon exemple.

La Sixième Commission, qui traite des questions juridiques internationales auxquelles sont confrontés les 192 États Membres des Nations Unies, a créé des organes judiciaires comme le Tribunal pénal international. Suite aux recommandations du Document final du Sommet mondial 2005, le renforcement de l'état de droit a été placé en tête de l'ordre du jour de 2006.

La Première commission, l'un des principaux organes de l'Assemblée générale), traite du désarmement et de la non-prolifération des armes. En 2006, elle a accompli d'importants progrès en matière de sécurité internationale en adoptant des résolutions condamnant le surplus de stocks d'armes et en approuvant le renforcement de la coopération sur le traçage des armes vendues illégalement.

Ethics in Action apporte une contribution intelligente, provocatrice et importante aux domaines des droits de l'homme et de l'éthique. L'ouvrage a été conçu à partir d'une série de réunions -- apparemment plutôt dynamiques -- organisées sur plusieurs années, auxquelles ont participé des universitaires et des représentants de diverses organisations non gouvernementales internationales (ONGI).

La Deuxième Commission a continué de s'attaquer aux énormes défis que sont l'inégalité, la pauvreté et la dégradation de l'environnement. Nombre de pays se sont dits déçus du manque de progrès dans les négociations multilatérales de Doha, organisées par l'Organisation mondiale du commerce (OMC), qui ont pour objectif d'augmenter la croissance économique en réduisant les barrières commerciales dans le monde.

Le choix de l'Afrique pour la première visite officielle à l'étranger du Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, revêt une importance qu'il convient de souligner. La promotion de la stabilité et du développement dans la région doit continuer à être au cœur des travaux de l'Organisation.

Même avant de prendre officiellement ses fonctions, le Secrétaire général Ban Ki-moon avait déjà indiqué clairement dans une série de déclarations publiques que l'Afrique serait l'une de ses priorités. Il a souligné qu'il porterait une attention spéciale à la crise au Darfour et en République démocratique du Congo (RDC) ainsi qu'à la situation en Somalie.

Comme le disait si bien Trygve Lie à propos du rôle de Secrétaire général, Ban Ki-moon hérite de « la tâche la plus difficile dans le monde ». La Charte des Nations Unies incluait le Secrétariat parmi ses organes principaux, plus certainement pour attribuer des prérogatives politiques au Secrétaire général.

Le Secrétaire général Ban Ki-moon a déclaré que
« l'accroissement de la demande d'opérations de maintien de la paix impose un lourd fardeau sur le maintien de la paix ».

En présidant la soixante et unième session de l'Assemblée générale, j'ai vite appris qu'un président efficace doit être capable de jongler avec de multiples questions et garder un contact étroit avec les groupes de négociation ainsi qu'avec les groupes régionaux importants. Chaque année l'Assemblée générale doit examiner un très grand nombre de points à l'ordre du jour ainsi qu'une variété d'intérêts et de questions qui divisent les États Membres et qui doivent être résolus pour parvenir à un consensus.

C'est un honneur de suggérer certaines questions et priorités de l'ordre du jour en matière de sécurité internationale pour le premier mandat de Ban Ki-moon en tant que Secrétaire général. Mais c'est aussi intimidant, étant donné son expertise dans le domaine des affaires étrangères et des politiques de sécurité internationale.

Quand Ban Ki-moon a été nommé huitième secrétaire général des Nations Unies le 13 octobre 2006, il a déclaré : « Les peuples du monde ne seront pleinement servis que si la paix, le développement et les droits de l'homme -- les trois piliers de l'action de l'ONU -- sont promus ensemble, et avec une vigueur égale. » L'Allemagne et les partenaires de l'Union européenne soutiennent cet objectif ambitieux qu'il a fixé pour son mandat à la tête des Nations Unies.

Le développement durable et la sécurité mondiale sont profondément liés entre eux. C'est un fait qui est de plus en plus reconnu par les leaders mondiaux. Le développement durable est un mode de développement économique cherchant à concilier le progrès économique et la préservation de l'environnement.

L'Amérique latine est la région du monde en développement où la démocratie existe pratiquement dans tous les pays1. Ses racines, cependant, sont fragiles. L'Amérique latine compte une population d'environ 550 millions d'habitants, dont 44 % vivent au-dessous du seuil de pauvreté et 18 % souffrent de l'extrême pauvreté. Les inégalités socio-économiques y sont les plus prononcées dans le monde. Ces réalités sont les plus grands défis auxquels est confrontée la région.

Premier Secrétaire général des Nations Unies à assumer ses fonctions au XXIe siècle, Ban Ki-moon fait face à des responsabilités mondiales et à un large éventail de questions, telles que la paix, la prospérité et bien d'autres encore.

La mission des Nations Unies de créer un monde sûr, prospère et équitable après la Deuxième Guerre mondiale reste aujourd'hui une entreprise mondiale urgente. Pendant leurs 61 ans d'existence, les organismes de l'ONU ont contribué de manière significative à atteindre cet objectif.