Le Dialogue entre les Civilisations

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Vol. XLIX No. 3 2012

L'Assemblée générale a proclamé l'année 2001 comme l'Année du dialogue entre les civilisations. Le numéro 3, 2012, porte sur le progrès fait et les leçons tirées depuis cette année en essayant de redéfinir la diversité et de promouvoir le dialogue entre les civilisations et les cultures. Le 30 août 2012, dans son discours à l'Université du ministère des affaires étrangères à Téhéran, l’Iran, le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon a dit: "Notre responsabilité collective est de bâtir des ponts de compréhension mutuelle". Ce numéro, qui comprend les articles de onze spécialistes éminents de l’ONU et d’autres organisations, porte sur les efforts pour encourager et maintenir cette compréhension mutuelle.

En fait, l'aspect créatif et l'aspect destructeur de la passion font partie intégrante de la nature humaine, mais en tant qu'éducatrice je me demande de plus en plus comment les différencier. Comment pouvons-nous apprendre ou réapprendre à surmonter les peurs de la différence et du changement qui sont profondément ancrées en nous ?

L'idée que toutes les préoccupations dans le domaine des droits de l'homme et la progression vers la réalisation de ces droits - qu'ils soient politiques, économiques, civil, sociaux culturels - sont indivisibles, interdépendants et indissociables, et tiennent compte de la dimension sexospécifique, transmet aux communautés le message que malgré nos différences, nous aspirons à vivre ensemble dans la dignité.

Trois milliards de jeunes ont fait front lors de la séance plénière d'ouverture de la Conférence des Nations Unies sur le développement durable (Sommet Rio +20) qui s'est tenue à Rio de Janeiro en juin dernier. Ils ont demandé un changement et appelé les dirigeants mondiaux à prendre des mesures pour assurer un avenir durable à nos enfants et à nos petits-enfants.

Les femmes de l'enseignement supérieur qui croient au dialogue culturel et au respect interculturel, à la compréhension et à la collaboration contribuent à changer peu à peu les mentalités, les pratiques et les politiques en donnant de l'importance aux gens.

« Le conflit commençant là où le dialogue cesse », il est essentiel de trouver les moyens de contrer la fragmentation politique et de rechercher un terrain d'entente. L'idéal d'un dialogue authentique entre les peuples appartenant à des cultures et à des civilisations différentes a toujours été maintenu et est resté une force directrice. Il faut seulement l'adapter à un paysage politique qui évolue à l'ère de la mondialisation.

Dans les années 1960, la popularité du reggae s'est affirmée avec le mouvement de résistance contre l'impérialisme. Le reggae est né à Kingston, en Jamaïque, a conquis le monde et a acquis un caractère emblématique rastafari, mais sa nature fondamentale reste méconnue.

Si nous voulons trouver des solutions aux problèmes majeurs auxquels le monde est confronté, comme mettre fin à la guerre et s'assurer que chacun mange à sa faim, il faudra la participation de millions de personnes dans le monde qui devront comprendre l'interconnectivité des peuples, se soucier d'autrui et maintenir les normes éthiques les plus élevées tout en recherchant des solutions. En d'autres termes, nous avons besoin de citoyens du monde pour communiquer entre nous. Mais comment trouver ces personnes et les former ?

La communication pour le changement social est un processus progressif. Bien que la télévision soit le média le plus répandu dans le monde, les diffusions seules ne peuvent atteindre ce but. Notre expérience dans les pays asiatiques en développement montre que les services de diffusion restreinte dans les classes et autres petits groupes ont souvent plus de portée. Toutefois, la levée des droits de non-diffusion est un obstacle majeur.

La liste des incidents témoignant de la tension croissante entre le monde musulman et le monde occidental, au cours des dernières années est longue. Les attentats terroristes du 11 septembre, les guerres en Irak et en Afghanistan ainsi que le conflit interminable entre les Israéliens et les Palestiniens font partie des exemples les plus connus d 'une situation mondiale dont les conséquences sont visibles aux niveaux local et régional.

Les situations de conflit surviennent souvent dans un cadre complexe de relations historiques, sociales, culturelles et politiques entre les communautés; en conséquence, elles doivent être traitées de manière intégrée en examinant tous les aspects. Afin de « pratiquer la tolérance, vivre en paix l'un avec l'autre dans un esprit de bon voisinage », comme le proclament les peuples des Nations Unies dans le préambule de la Charte, nous devons d'abord nous comprendre les uns les autres ou promouvoir une meilleure compréhension du mode de vie et de l'identité socioculturelle de chacun.

Lorsque le paradigme existant est celui de la guerre, de la domination et de la violence, la voix de la paix, du dialogue et du compromis doit se faire entendre dans le monde. L'adhésion générale à la proposition de désigner l'année 2001 l'Année du dialogue entre les civilisations par l'Assemblée générale revêtait une très grande importance.