Le cinquantième anniversaire du Groupe des 77 aux Nations Unies

[name]
Vol. LI No. 1 2014

La Chronique de l'ONU consacre son premier numéro de 2014 au cinquantième anniversaire de l’établissement du Groupe des 77 à l’ONU. Les articles dans ce numéro portent sur les négociations résultant de la Déclaration commune des soixante-dix-sept pays signée le 15 juin 1964, et le rôle déterminant que le Groupe des 77 continue à jouer dans le développement international.

Alors que nous célébrons un demi-siècle d’engagement et de réussite, rappelons-nous les termes de la déclaration de la première réunion ministérielle du Groupe des 77, à Alger, en 1967, qui gardent toute leur pertinence aujourd’hui :« Dans un monde où les éléments sont toujours plus inter- dépendants, la paix, le progrès et la liberté sont communs à tous et indivisibles. »

L’unité du Groupe des 77 n’a pas été établie sur l’homogénéité de systèmes politiques ni sur une identité unique d’intérêts économiques. Elle a été établie sur une perception partagée et commune de la nature inéquitable de l’ordre économique existant, des règles injustes et contraires à l’éthique ainsi que sur la nécessité de les changer.

La capacité de résistance des Nations Unies est remarquable. En 70 ans, les pays membres de l’ONU ont vu leur nombre augmenter rapidement avec l’entrée des pays nouvellement indépendants. Il est aussi encourageant de voir qu’aucun pays n’a ressenti le besoin de quitter l’Organisation malgré ses lacunes démocratiques.

Pour moi, le G77 symbolise l’engagement des Nations Unies et du système de l’ONU à promouvoir la démocratisation des relations internationales et en constitue un facteur essentiel.

Les 50 ans de célébration devraient être le point de départ d’une nouvelle phase où le G77 joue un rôle public pour le bien des hommes et des femmes dans le monde.

Le rapport du PNUD est correct : nous assistons à un essor du Sud. La question qui se pose, cependant, est de savoir quel programme permettra de résister au néolibéralisme et de prendre une autre voie.

Ces résolutions ont conduit à la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED). Le modèle de développement proposé – le commerce en tant que moteur du développement – a orienté les perspectives de la nouvelle institution et influé sa démarche.

La question des mesures spéciales en faveur de pays membres du G77 les moins avancés a été posée pour la première fois à la Conférence d’Alger par les représentants des pays africains.

La coopération Sud-Sud, une initiative importante des pays en développement, contribue à la réalisation du développement social et économique de leur nation et de leur population en nouant des liens économiques et techniques entre eux.

Avant de développer ces points, il faut rappeler que le G77 représentait déjà un changement fondamental dans les années 1960, même sans aucun programme économique, seulement du fait de son existence, créant un ensemble cohérent à la base du système mondial.

La création du Groupe des 77 a marqué le point de départ de ma carrière professionnelle et de ma mission consacrée à la cause des pays en développement.

La commémoration du cinquantième anniversaire de la création du G77 est une occasion pour ses pays membres d’évaluer les progrès accomplis par leur action commune afin de réparer les injustices et les inégalités dans un ordre mondial élaboré par les acteurs puissants du monde développé en vue de servir leur propre intérêt.

Depuis la première Réunion ministérielle du Groupe des 77 (G77) en octobre 1967 et l’adoption de la « Charte d’Alger », le G77 a établi des mécanismes nationaux et des structures qui ont contribué à façonner le programme de développement international et à transformer la situation des pays du Sud au cours des cinq dernières décennies.