La migration

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Vol. L No. 3 2013

Ce numéro, qui comprend les articles de douze spécialistes éminents de l’ONU et d’autres organisations, est dédié aux migrations internationales et au développement. Les textes discutent, parmi d’autres choses, de la réduction des coûts liés à la migration et l’augmentation de ses avantages; de la protection des droits des migrants et la souveraineté de l’Etat; de la migration de la main-d'œuvre et le développement inclusif; des avantages de la migration et des transferts de fonds pour le développement; de la réintégration des migrants de retour; et le renforcement de la coopération en matière de migration internationale. 

La mondialisation du monde moderne a entraîné une hausse importante de la migration dans des lieux à la fois proches et éloignés, soutenue par de nombreux facteurs. Par exemple, le développement des systèmes de transport modernes sophistiqués et de réseaux a rendu les déplacements plus faciles, moins chers et plus rapides qu’à aucun moment de l’histoire.

L’idée de la migration de retour, avec l’objectif d’aider les migrants qui retournent volontairement dans leur pays à s’y réinstaller peut sembler un moyen attrayant pour les gouvernements qui cherchent à gérer la migration de façon humaine.

Trois faits notables sur la migration sont souvent occultés dans le débat animé portant sur les politiques en matière de migration. Premièrement, la contribution des migrants à leur pays d’accueil et à leur pays d’origine est immense, plus de 500 milliards de dollars de transferts de fonds (dont plus de 400 milliards de dollars ont été effectués en direction des pays en développement en 2012).

Au cours des décennies passées, les entreprises ont commencé à réagir aux pressions sociétales croissantes en orientant leurs objectifs axés seulement sur la maximalisation du profit vers trois composantes de base, les personnes, la planète et le profit.

Il y a plus de 100 millions de travailleurs migrants dans le monde. Avec leur famille, ils représentent la majorité des migrants internationaux estimés aujourd’hui à 232 millions de personnes vivant en dehors de leur pays d’origine.

Contrairement à l’opinion populaire, la migration internationale ne provient pas de l’absence de développement économique, mais fait partie du développement lui-même. Le principal moteur de la migration est la mondialisation de l’économie et l’intégration mondiale des facteurs de marché.

Il est de plus en plus nécessaire que les gouvernements et les autres acteurs du développement évaluent les opportunités et les défis de la migration et y donnent suite. Par le biais du Dialogue de haut niveau sur la migration internationale et le développement, nous devrions donc appeler à une meilleure cohérence politique entre la migration et le développement en intégrant la migration dans l’ordre du jour du développement pour l’après 2015, à une meilleure coordination multilatérale par le biais du Groupe mondial sur la migration (GMM) et à un engagement à poursuivre la coopération intergouvernementale au Forum mondial sur la migration et le développement (FMMD).

Aussi paradoxal que cela paraisse, les droits des migrants pourraient être le meilleur moyen de promouvoir la souveraineté de l’État dans un monde interdépendant. La protection des droits de l’homme et des libertés fondamentales ne devrait pas dépendre du pays où l’on vit. Toutefois, l’État est tenu de promouvoir les droits de l’homme au moyen de la législation.

La preuve est faite que la migration contribue plus efficacement au développement que tout autre moyen que nous connaissons. Lorsque les États et les parties prenantes se réuniront en octobre 2013 lors du Dialogue de haut niveau sur les migrations et le développement, ils devront s’appuyer sur ce constat en s’engageant à prendre des mesures concrètes.

Alors que le monde entre dans une phase marquée par une mondialisation et une interdépendance économique inégalées, le marché de la main-d’œuvre est devenu de plus en plus compétitif. Dans cette ère de concurrence internationale pour les talents, la diaspora chinoise est un facteur essentiel dans la réalisation des objectifs de développement nationaux qui, de leur côté, modifient l’avenir de l’équilibre géopolitique mondial.

Selon les estimations de l’Association Sauvez les enfants, il y a dix millions d’orphelins de la mobilité dans le monde – un million laissé dans le pays d’origine chaque année au Sri Lanka seulement. Et, comme ce sera le cas pour ma femme de ménage, les enfants laissés dans le désespoir après des années sans avoir revu leur mère, partent souvent pour la retrouver, ce qui devient pour beaucoup une odyssée moderne.