La mobilité internationale des étudiants au Brésil

Au début des années 1990, l’économie brésilienne avait atteint son niveau le plus bas. Depuis, la situation a bien changé. Le Brésil est devenu la sixième économie mondiale et, selon les experts, pourrait devenir bientôt l’une des cinq grandes économies mondiales.

Pendant que la société se modernisait et que son économie enregistrait une forte croissance, les établissements d’enseignement supérieur se développaient aussi et amélioraient leur qualité.

Aujourd’hui, le système universitaire brésilien reflète les normes mondiales et, selon certains classements, certaines universités figurent parmi les 200 meilleures au monde. Le développement de l’enseignement supérieur n’aurait pas été possible sans le développement économique et l’inverse pourrait être vrai à l’avenir dans la nouvelle ère de l’économie du savoir. Pour atteindre cet objectif, le Brésil doit continuer à promouvoir des liens entre la recherche et le transfert des technologies. C’est sur ce point que la mobilité internationale des étudiants et l’échange international peuvent jouer un rôle très important. En réponse à la demande croissante en ressources humaines qualifiées, la mobilité active des étudiants permettra de créer une main-d’œuvre qualifiée. Ce pays a un long passé en termes de mobilité des étudiants, en particulier au niveau de la licence, qui comprend la mobilité internationale des doctorants et des chercheurs, un processus qui a débuté au début des années 1950 avec la création de la Coordination pour le perfectionnement du personnel d’enseignement supérieur (CAPES) et le Conseil national pour le développement scientifique et technologique (CNPq). Dans les années 1970 et 1980, un nombre important de Brésiliens a été formé à l’étranger. Après leur retour au Brésil, ces scientifiques ont contribué au développement de l’enseignement des sciences et de l’enseignement supérieur. La CAPES et le CNPq ont joué un rôle important dans ce processus en finançant plusieurs projets bilatéraux avec différents pays. Toutefois, bien que le domaine des sciences se soit considérablement développé au cours des dernières années, l’interaction entre la recherche universitaire et les entreprises devrait être significativement renforcée.

Pour encourager l’internationalisation des technologies et de l’innovation, de nombreuses initiatives visent à développer la mobilité internationale des étudiants et/ou du personnel. En juillet 2011, la Présidente Dilma Roussef a annoncé la création d’un programme de bourses d’études audacieux appelé Mobilité scientifique du Brésil (ancienne- ment appelé « Sciences sans frontières ») qui permettra à 101 000 étudiants brésiliens d’aller étudier à l’étranger, d’ici à 2105, dans les domaines des sciences, de  la  technologie,  de  l’ingénierie et des mathématiques (STEM). Pour la période de quatre ans, le budget total est estimé à environ 2 milliards de dollars. Après deux semestres et un stage, les étudiants retourneront au Brésil pour obtenir leurs diplômes.

Pour un grand nombre de candidats aux programmes d’études à l’étranger, le principal défi est le manque de connaissances en langues étrangères, principalement en anglais. Anglais sans frontières, un programme de formation linguistique parrainé par le Gouvernement a donc été créé pour préparer les étudiants à répondre aux conditions de la Mobilité scientifique du Brésil ainsi qu’aux autres programmes de bourses d’études exigeant la maîtrise de l’anglais. D’autre part, le Programme de mobilité scientifique du Brésil offre des bourses visant à accueillir dans les universités et les centres de recherche brésiliens de jeunes chercheurs et des chercheurs confirmés dans le cadre d’un programme de financement inégalé. Le prix Jeunes talents finance intégralement des séjours de recherche de 1 à 3 ans au Brésil dans le cadre d’un ensemble de prestations comprenant des billets aller-retour, des frais de réinstallation, des indemnités mensuelles non imposables au rang de conférenciers, une contribution aux coûts de la recherche et au financement des assistants de recherche. Des subventions sont attribuées pour une période de 2 à 3 ans aux chercheurs confirmés par le biais des Bourses pour chercheur visitant spécial avec des billets aller-retour pour chaque visite annuelle de 1 à 3 mois au Brésil, des indemnités mensuelles non imposables au rang des chercheurs confirmés, une contribution aux coûts de la recherche et au financement du doctorat sur un modèle

« sandwich » dans leur pays d’origine et une bourse de post-doctorant au Brésil. Selon Christian Müller, Directeur du DAAD, le Service allemand d’échange universitaire à Rio de Janeiro, « Sciences sans frontières a permis au Brésil de trouver sa place dans l’enseignement international ». Jusqu’à ce jour, 38 272 étudiants boursiers brésiliens ont été placés dans des établissements d’accueil dans plus de 30 pays. Les dix destinations principales sont les États-Unis, la France, le Canada, le Royaume-Uni, l ’Australie, l’Allemagne, le Portugal, l’Espagne, l’Italie et l’Irlande. Les candidats sont d’abord sélectionnés par leur université brésilienne, puis approuvés par la CAPES et le CNPq. La décision finale revient à l’établissement d’accueil participant.

D’autres initiatives semblables ont permis d’encourager la mobilité internationale des étudiants brésiliens inscrits en premier cycle universitaire. Certaines universités ont mis en œuvre des projets stratégiques spécifiques pour l’internationalisation, affectant une partie de leur budget au financement de la mobilité des étudiants et des professeurs à des partenaires internationaux spécifiques. Depuis 2011, les fondations de soutien à la recherche dans les États, comme la Fondation de soutien à la recherche de São Paulo, ont offert des bourses aux étudiants inscrits aux programmes de premier cycle, de maîtrise et de doctorat afin de passer une année à l’étranger dans un laboratoire ou un établissement de recherche pour réaliser leur projet au Brésil (subventions pour des études de recherche à l’étranger).

Le secteur privé a également joué un rôle de plus en plus important dans la promotion de la mobilité internationale des étudiants. Le programme de mobilité de la banque Santander et le programme d’études à l’étranger de la Fundação Estudar en sont des exemples. Erasmus Mundus est un autre programme important au moyen duquel les étudiants ont acquis une expérience universitaire internationale. Depuis sa création en 2004, plus de 540 étudiants brésiliens ont bénéficié de bourses d’études d’Erasmus. Même si la plupart des initiatives décrites ici sont principalement unilatérales et ne constituent pas un échange réel, on suppose qu’elles contribueront au processus d’internationalisation des universités brésiliennes.

Un aspect spécifique qui décourage souvent les étudiants internationaux d’étudier au Brésil est la barrière de la langue, car  très peu d’établissements brésiliens offrent des  programmes ou des cours en anglais. Cela constitue un défi majeur et tant que nous ne nous pencherons pas sur cette question, nos objectifs de développement seront compromis. Malgré cela, un certain nombre de programmes de double diplôme en ingénierie ont été crées entre des universités de recherche brésiliennes et des établissements européens ou américains. Dans la plupart des cas, des cours de portugais comme deuxième langue ont été offerts aux étudiants étrangers du premier et du deuxième cycle.    ❖